Monter un programme santé en entreprise : c’est aussi possible pour vous PME ou ETI

La ministre du travail Élisabeth Borne le déclarait au mois de janvier 2021 : « L’entreprise est un lieu dans lequel on peut créer de la confiance ». Nous l’avons constaté à travers une enquête IFOP menée en mars 2021 auprès de 1000 salariés français du secteur privé. Plus d’un salarié sur deux croit son employeur capable de l’aider à améliorer concrètement sa santé physique et psychologique. Ce taux monte à plus de 60 % chez les moins de 40 ans et les cadres.

 

Dans le cadre de notre étude sur la « Perspective des risques 2022 », les problèmes de santé mentale s’inscrivent pour la première fois dans le top 3 des risques identifiés par les professionnels et dirigeants d’entreprises interrogés dans plus de 75 pays. Plus d’un tiers d’entre eux s’attendent à ce que la santé mentale entraîne une baisse significative de la productivité en 2022. Ce double défi de la santé physique mais aussi mentale des salariés, se pose pour toutes les organisations de la plus grande à la plus petite.

 

Des politiques santé accessibles à toutes les entreprises 

Les grands groupes montrent la voie certes en matière de programmes santé. Mais l’aménagement d’une politique de santé est accessible à tous les types d’entreprises, grâce à la baisse des coûts de mise en œuvre et au développement de process industriels normés, notamment liés au digital.

 

Toutes y ont intérêt, car il s’agit d’un puissant levier d’attractivité et de fidélisation, à l’heure où de nombreux secteurs se livrent une guerre des talents. Il n’existe pas de santé globale sans santé mentale et bien-être. Deux tiers des répondants de notre enquête déclarent ainsi que le fait, pour une entreprise, de proposer de tels accompagnements joue sur leur envie de la rejoindre ou d’y rester.

 

Quant aux entités jugées les plus légitimes pour organiser ces mesures, ce sont la médecine du travail, les prestataires partenaires dans le domaine de la santé et les ressources humaines qui arrivent en tête. La première étant très sollicitée, alors qu’elle compte moins de 5000 praticiens dont beaucoup sont proches de la retraite, les tiers de confiance spécialisés comme International SOS se tiennent aux côtés des DRH ou des Directions générales pour les accompagner dans la mise en place de leurs initiatives en faveur de la santé des collaborateurs

 

Comment mettre en place un programme santé avec des ressources contraintes ?

La situation des PME est différente de celle des grands groupes. Les premières s’appuient beaucoup sur les médecins du travail, dont la dernière réforme a réduit le nombre. Les seconds en revanche sont souvent dotés de médecins en interne. Cependant, les moyens dévolus à la médecine du travail limitent le rayon d’action de cette dernière.

Mesures de distanciation sociale, masques, gel... C’est bien, mais se contenter du minimum légal en matière de santé ne suffit pas.

Pour les entreprises de petite taille ou les ETI que nous accompagnons, la première démarche est une revue des politiques et procédures existantes avec les équipes en charge de la santé et sécurité au travail, notamment au regard du contexte de pandémie mais aussi de leurs risques propres. Couplé à de l’information aux collaborateurs (présentations, webinaires, session de formation), des outils digitaux pour déployer le programme au plus grand nombre à moindre coût, voire une assistance à distance ou du soutien émotionnel quand le contexte le nécessite, ces actions concrètes permettent aux entreprises, même les plus petites d’assurer leur Devoir de Protection à l’égard de leurs collaborateurs, qu’ils soient nomades, au bureau, en télétravail ou en mission.

 

Pourquoi s’emparer de cette question ? Le sujet conditionne l’engagement et la motivation des collaborateurs, dans une période où tous leurs repères se trouvent changés. Les coûts d’opportunité associés au risque santé dans les PME est bien plus important pour les petites entreprises que pour les grandes structures, tant ce risque met à l’épreuve la continuité d’activité. Pour autant, les risques sont sensiblement différents et uniques pour les PME. Aussi, à chaque risque identifié, il existe une réponse à travers des actions préventives.

 

C’est évidemment un coût aujourd’hui pour l’entreprise, dont on ne mesure l’impact et l’efficacité que lors des grandes crises ou sur le long terme. Il est donc vital de pouvoir être accompagné dans la définition et la cartographie des risques, pour dimensionner un programme santé réaliste et efficace, mesurable dans le temps permettant de rendre tangible et objective l’efficacité des actions engagées.

 

Non, les programmes santé ne sont pas l’apanage des grands groupes.