les 5 leçons a Tirer de la panDEmie COVID-19

Un an après le premier confinement, la crise sanitaire continue de bouleverser la vie des entreprises et de leurs salariés. Télétravail, retour progressif au bureau, voyages d’affaires, protocoles sanitaires, risques occultés, comment la pandémie change la façon de travailler et le modèle de prévention des risques ?

 

Les organisations reconnaissent l’importance d’élaborer un programme de santé durable

La COVID-19 a bouleversé la perception des risques. Les enjeux de santé physique et psychologique liés à la transformation des modes de travail ont pris une place prépondérante dans la stratégie des entreprises. Ces dernières ont redéfini leur politique de prévention pour tenir compte des nouvelles vulnérabilités de leurs salariés face à la COVID-19.

Parmi les enjeux, il est essentiel de partager des informations fiables, sensibiliser les employés aux risques, faire respecter les mesures sanitaires et communiquer en temps de crise. Les entreprises doivent aussi protéger la santé mentale et émotionnelle des salariés, confrontés à un contexte inédit. Notons que 80% des salariés estiment qu’il est du devoir de l’entreprise de les accompagner dans leur problème de santé1.

« La pandémie a placé la santé et la prévention au cœur de la stratégie des organisations. Depuis son commencement, nous collaborons étroitement avec les directions des entreprises afin d’élaborer des stratégies de santé durable, au-delà de la pandémie. Au sein du Groupe, nous avons ainsi mené plus de 1 000 missions de conseils afin de les aider à protéger la santé de leurs salariés et à maintenir la continuité de leurs activités, en France et à l’étranger. » souligne Dr Philippe Guibert, Directeur Médical Régional et Consulting Santé pour International SOS.

DRH et médecins du travail sont au premier rang des organisations dans la gestion de la COVID-19

La protection des salariés face à la COVID-19, le bien-être et la performance des salariés sont autant de dimensions, nouvelles ou approfondies, qui transforment les missions des RH. 65% des directeurs en ressources humaines pensent que la crise sanitaire a permis de repositionner la fonction RH au cœur de la stratégie des entreprises2.

Les professionnels RH ont joué un rôle prédominant dans la gestion opérationnelle et tactique de la crise. Ils sont devenus des interlocuteurs privilégiés pour traiter les questions de santé au plus haut niveau de la Direction.

Les médecins du travail ont aussi vu leur position renforcée. Ils garantissent un suivi individualisé de l’état de santé de chacun, en fonction de son profil de risque. Ils sont également clés comme tiers de confiance entre employés et direction, en termes de conseil, d’information et de gestion des informations personnelles des salariés. Aujourd'hui apparaît aussi la figure du Chief Health Officer (CHO) rapportant directement au directeur général, capable de prendre des décisions de santé en lien avec les enjeux de l’entreprise.

« La COVID-19 a redistribué les cartes de la gestion des risques ainsi que ses principales parties prenantes. Nous sortons d’une décennie forte de risques sécuritaires sur lesquels étaient plutôt positionnés des responsables des voyages ou des risques. Avec la pandémie, les risques se sont déplacés au cœur de l’activité des entreprises. La préoccupation de la sécurité sanitaire des salariés est devenue un enjeu majeur au niveau du comité exécutif et a renforcé notre collaboration avec les DRH sur ces sujets. » explique Caroline Hondré, directrice générale d’International SOS.

La focalisation sur la COVID-19 ne doit pas faire oublier les angles morts sanitaires et sécuritaires

Les entreprises se sont adaptées et ont fait preuve d’une grande flexibilité dans ce contexte inédit. Néanmoins, dans leur lutte contre le virus les entreprises ont pu laisser de côté les risques annexes, sécuritaires ou liés à des problèmes de santé sous-jacents.

Selon la dernière étude « Perspectives des risques 2021 », les risques sur la santé et la sécurité des salariés sont à leur plus haut niveau depuis 2016. Les organisations doivent veiller à ne pas sous-estimer les risques en dehors de la COVID-19 tels que les enjeux climatiques ou les violences à l’international qui impactent aussi fortement la sécurité des collaborateurs.

« Il est essentiel d’avoir une approche globale des risques encourus par les collaborateurs. L’accès à de l’information à jour 24H/24 et 7J/7 et de qualité ainsi qu’à des conseils constitue un enjeu dans la mise en place de plans de gestion de crise et de réponse adaptés dans un contexte international géopolitique volatile. » explique Cécile Caplin, Responsable Sûreté Régionale pour la France pour International SOS.

Une gestion plus fine et plus sécurisée des voyages d’affaires est nécessaire

Avec la COVID-19, les voyages ont drastiquement diminué. En outre, la pandémie Covid-19 a entrainé une baisse de 58 % de l’activité du voyage d’affaires dans le monde l’an dernier3. Pour autant, chacun de ces déplacements essentiels fait l’objet d’une extrême complexité et demande 5 fois plus de soutien parmi les clients d’International SOS.

L’accompagnement au voyage est indispensable pour tous les salariés et pour toutes les destinations. Les entreprises adaptent leurs règles de voyage en tenant compte de tous les scénarii :  permettre l'accès à un logement audité ou à des soins médicaux en cas de fermeture des frontières, assurer un suivi personnalisé en fonction du profil de risque, être informé des conditions d’entrée dans un pays et de l’évolution des passeports sanitaires.

« Il n’y a pas d’uniformisation des règles dans l’espace Schengen. Il est crucial d’avoir des informations à jour : savoir s’il y a une quarantaine, si elle est obligatoire, quels sont les délais des tests PCR demandés. Pour aider les entreprises, nous avons créé la carte d’impact COVID-19 présentant pour chaque pays l’impact de la pandémie à un moment donné et en un lieu précis. C’est un outil indispensable d’aide à la décision » indique Cécile Caplin, Responsable Sûreté Régionale pour la France pour International SOS.

 

Redéfinir le Devoir de Protection et la responsabilité de l’employeur face aux nouveaux enjeux

Les directions générales sont impliquées dans des prises de décision directement liées à la santé de leurs employés, décisions parfois complexes cliniquement, et les aspects logistiques qui en découlent. 7 salariés sur 10 reconnaissent l’implication de leur employeur dans la gestion de la crise pour en limiter les impacts4.

Dans ce contexte inédit, les entreprises doivent faire preuve d’une grande agilité afin de remplir leur obligation de sécurité vis-à-vis de leurs collaborateurs. Parmi les enjeux, elles doivent tenir compte d’un contexte sanitaire et de règlementations qui évoluent au quotidien dans tous les pays où elles opèrent. Leur défi est donc de décrypter ces évolutions règlementaires puis mettre en place les mesures adéquates afin de protéger les salariés et maintenir l’activité.

« La responsabilité de l’entreprise en matière d’obligation légale sera durablement transformée et renforcée par cette crise sanitaire. Cela nous amené à repenser notre champ d’intervention et nous avons donc fait évoluer notre offre pour aider les équipes dirigeantes de nos clients à protéger la santé et la sécurité de leurs salariés à l’étranger mais aussi de leurs salariés locaux » indique Caroline Hondré, directrice générale d’International SOS.

 



1 Etude Harris, 2-23 septembre 2020, réalisée auprès de dirigeants/DRH et de représentants du personnel, méthode des quotas et redressement d’échantillon

2 Enquête nationale réalisée par GERESO en partenariat avec Culture RH entre le 2 novembre et le 11 décembre 2020

3 Rapport annuel Business Travel Index (BTI) 2020

4 Etude sur les perspectives des risques en 2021 conduite par International SOS en partenariat avec Ipsos MORI, réalisée auprès 1425 professionnels dans 98 pays en septembre 2020