Livre blanc : COVID-19 en Amérique Latine

La pandémie de la COVID-19 qui a frappé le monde en 2020 l'a remodelé. Elle affecte notre façon de travailler, de voyager et d'interagir avec nos pairs. 

International SOS publie le livre blanc « Covid-19 et sécurité dans le monde » et vous propose un décryptage sur les risques sécuritaires d’une région. Ici, nous vous proposons une analyse de la situation en Amérique Latine avec Cécile Caplin, Responsable Sûreté Régionale France pour International SOS. 


Une situation économique plus difficile que pour d’autres régions émergentes.

Le ralentissement économique mondial dû à la COVID-19 affecte particulièrement l'Amérique latine, exacerbant l'instabilité politique, les troubles sociaux et la criminalité dans toute la région.

Le chômage y a toujours été élevé comparativement aux autres régions du monde, et le secteur informel occupe une place importante dans l'économie. Au Mexique, on estime que 50 % de l'économie est informelle. Dans ce contexte, il est difficile de s’assurer du bon respect des protocoles d’hygiène et de distanciation.

Une récente analyse réalisée par Bloomberg a analysé la résilience à la COVID-19 de 53 économies de plus de 200 milliards de dollars. Il ressort que le Mexique se classe dernier du classement, l’analyse tenant compte de critères tels que la gestion de la pandémie, le nombre de victimes et les restrictions en vigueur (fermeture des commerces, restriction des déplacements). Juste devant le Mexique on trouve l'Argentine et le Pérou.

 

Des inégalités sociales approfondies avec une prise de pouvoir des cartels.

De façon générale, la région souffre de profondes inégalités, même dans les États les plus riches. La difficile gestion de la pandémie et ses effets socio-économiques ont renforcé la colère populaire.

Bien que la petite criminalité ait considérablement diminué au cours du premier semestre, la violence liée au crime organisé est restée à des niveaux élevés. Dans l’Etat du Zacatecas au nord de Mexico, les huit premiers mois de 2020 ont vu une augmentation de près de 90 % des homicides par rapport à l'année précédente. Les autorités locales ont attribué cette violence à l'escalade d'une guerre de territoire entre le cartel de la nouvelle génération de Jalisco (CJNG) et le cartel de Sinaloa.

Pourtant, ces mêmes cartels ainsi que celui du Golfe ont fourni des biens de première nécessité aux habitants pendant la pandémie.

Au Brésil, des gangs ont fourni des denrées alimentaires et du savon et ont imposé des couvre-feux dans les favelas de Rio de Janeiro. Le taux de criminalité violente a également augmenté de 7 % au cours du premier semestre 2020. La situation de Rio de Janeiro (État de Rio de Janeiro) reste préoccupante, des études récentes soulignent que près de 60 % de la ville reste sous le contrôle de milices armées.

En Colombie, des groupes armés ont décidé de mesures de confinement et diffusé des conseils de santé dans les zones rurales. De même, les circonstances actuelles ont contribué à l'augmentation du recrutement dans les groupes armés colombiens. Ces groupes continueront à se tourner vers d'autres sources de revenus en dépit du ralentissement économique, telles que les opérations minières illicites, au-delà du trafic de drogue traditionnel.

Dans tous ces cas, les bandes criminelles organisées ont comblé le vide laissé par l'État, posant les bases d'une expansion de leurs activités. Dans cette situation, nos équipes de sécurité accompagnent vos collaborateurs via des solutions de gestion de crise et des formations de sensibilisation

 

2021 une année électorale sous tension ?

Plusieurs élections doivent avoir lieu cette année, et beaucoup impliqueront des débats controversés et des manifestations susceptibles de perturber leur déroulement :

  • Equateur : le 7 février, le pays a organisé des élections générales. Le dauphin de l’ancien président, Andrés Arauz, est arrivé en tête et affrontera donc le candidat écologiste Yaku Pérez lors d’un second tour le 11 avril.
  • Salvador : le président Nayib Bukele, perçu comme populiste et autoritaire, est candidat à sa propre succession le 28 février.
  • Pérou : les élections générales du 11 avril donnent aux électeurs un moyen d'exprimer leur opinion sur la mise en accusation controversée du président Martin Vizcarra, qui avait déclenché de vastes manifestations en novembre et une crise politique.

En novembre prochain, le Honduras, le Nicaragua et le Chili organiseront des élections générales dans un climat d’oppositions et de manifestations.

 

Face aux risques d’escalade, nos équipes sont mobilisées pour accompagner les organisations implantées dans la zone afin de protéger leurs employés et la continuité de leurs activités.